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Une journée roulage sur le Bugatti du dimanche 10 mars

Retour du Bugatti, une formidable journée pleine de sensations, de bonheur et de passion ! .

Comme prévu, il y avait foule...145 voitures, 197 pilotes et 250 participants !

Piste humide le matin, en début de session, mais le vent, et le passage des voitures l'ont rapidement asséchée.

Il n'y avait pas de classes, ou de catégories de mise en place, c'était donc, selon l'expression consacrée "open pit lane", et il ne fallait pas trainer pour entrer en piste, sous peine de se retrouver en file d'attente pendant de longues minutes du fait du nombre de voitures présentes...la rançon du succès pour le Porsche Club Le Mans.

Beaucoup de gens venus de loin, Belgique, Allemagne, sans parler des Normands, Bretons et autres régions françaises plus éloignées, signe de la passion...l'hôtel ou j'étais la veille, à Arnage, avait son parking rempli de Porsche, et était décoré aux couleurs de la marques, Porsche étant vraiment très présent au Mans.

Une bonne ambiance et un partage de piste très correct compte-tenu de la diversité des voitures et des niveaux de pilotage...quelques rares sorties de piste dans les échappatoires ou dans le gravier sans gravité aucune d'ailleurs, souvent de la part des pilotes de bons niveaux et qui ont probablement tendance à aller chercher les limites un peu plus que l'amateur.

Pour ce qui me concerne, j'ai pu avoir in coach (il y en avait 2 mis à disposition par le Porsche Experience Center, qui amène aussi un petit stand de gonflage et ouvre l'atelier le dimanche pour des opérations du genre changement de plaquettes, sans parler de la safety car (une Panamera...), pendant 15' (ils sont pris d'assaut au briefing du matin et sont réservés pour la journée en quelques minutes...), m'a encore confirmé qu'il y avait du travail, je mets trop en contrainte la voiture en courbe, ne tient pas bien mon volant et ne porte pas le regard assez loin...va falloir travailler plus pour ressembler à quelque chose.

Néanmoins, je ne suis plus à la traine, ni dernier, je m'amuse à aller chercher les "grosses" au freinage et en courbe, l'architecture moteur central ça aide dans certains cas. De fait c'est bien entendu le pilote qui fait toute la différence, plutôt que la voiture et la puissance.

Comme d'habitude et par temps sec, on met le mode sport "ON"...et le PSM "OFF"..., même pas peur, mais surtout la satisfaction de se dire que le dialogue homme-machine est direct, sans intermédiaire quelconque...à l'ancienne ? Ou le meilleur des mondes, puisque nos voitures nous permettent de choisir ?

Soyons francs, de bons (vrais) pilotes avec des classiques d'il y a 40 ans me dépassent et sont durs à accrocher...mais la confiance et la glisse, plutôt la dérive, en contrôle augmentant au fil de la journée et des tours permettent de se faire énormément plaisir, le pied intégral.

C'est la troisième session au Bugatti en ce qui me concerne, et je me souviens très bien de la première fois ou tout le monde m'a dépassé et où je n'ai jamais doublé quiconque…avec le peu de dépassements cette fois-ci je me plait à croire qu'il y a un très léger progrès, on se motive (console... ?) comme on peut.

Côté pneus, les Pirelli Pzero me conviennent très bien du fait de leur progressivité et du contrôle qu'ils permettent, le crissement qu'ils émettent est un excellent avertisseur (et fait partie du plaisir, en fin de journée on les entendait dans toutes les courbes...), il parait que c'est spécifique à ces pneus ou cette marque, les Michelin étant plus silencieux en comparaison après échange avec les uns et les autres.

Ceci dit, c'est aussi le signe d'un mauvais pilotage puisque c'est la preuve d'une mise en contrainte trop importante de la voiture...pas facile à la fois de doser et d'être fin, propre (et donc rapide), et de se faire plaisir avec une légère glisse...

Pour les pressions, (2,2 à l'avant et 2,5 à l'arrière en données constructeurs pour les 19" sur le Cayman), on a mis 1,9 partout en début de session et après 25' de piste un peu humide, on s'est retrouve malgré tout avec 2,1 a l'avant et 2,3 a l'arrière, on a surveillé la pression tout le long de la journée en essayant de rester à 1,9 le plus possible.

Côté plateau, il y avait de tout, une 914, une 944 (qui marchait très fort, un local et la voiture était préparée, impossible à reprendre en ligne droite...), toutes les générations de 911 ou presque, 25 à 30% de GT3, 2 GT2, des RS et RSR des années 70 (vraies ou fausses, difficile à dire, mais ayant couru en VEC), dont certaines sont rentrées vers Paris par la route, ambiance au péage de Saint Arnoult !

Bref, une merveilleuse journée, une très grande chance de pouvoir vivre sa passion dans d'excellentes conditions de sécurité, c'est à dire de pouvoir profiter à son rythme pleinement de sa voiture sans aucun stress, mais aussi de rencontrer des passionnes et d'échanger avec tous.

Il me faut remercier ici tous ceux qui se sont donne du mal pour que cet évènement survienne, en premier lieu Gérard et François pour avoir réussi à convaincre le PCLM de me prendre au dernier moment, le PCLM bien sûr qui a su parfaitement organiser la journée et relever le défi de faire tourner ces 145 voitures...pas évident, sachant qu'on doit s'approcher du nombre d'engagés aux 24 heures...mais avec une équipe sans commune mesure, c'est dire de la taille du défi, quand bien même les conditions ne sont pas celles d'une vraie course, un grand bravo à eux.

Donc, on ne leur dira jamais assez merci.

Une pensée pour Christian Leroux, ex organisateur des sorties circuits qui n'a pas pu se joindre à nous, on le retrouvera bientôt à Croix en Ternois néanmoins avec sa superbe fusée jaune.

Je tiens aussi à remarquer que ces moments rares et exceptionnels que nous vivons doivent ne plus faire hésiter ceux qui n'oserait pas franchir le pas de la piste, j'ai moi-même eu quelques appréhensions, comme tout débutant je suppose, à mettre mes roues sur la piste...sachez que ces journées sont avant tout des RDV entre passionnes et amateurs qui viennent avec l'objectif de se faire Plaisir en sécurité et sans abimer leur voiture, dans une ambiance courtoise et cordiale.

Les règles existent sur la piste et on se prend à rêver que les gens dans la vie courante soient aussi disciplinés et courtois sur route ouverte que ce qui se passe entre nous sur la piste...

Ces règles sont d'ailleurs rappelées avant chaque début de roulage et les commissaires de pistes surveillent le bon déroulement en permanence, en particulier les mauvais comportements qui pourraient survenir...

Le drapeau noir est alors levé. Et en 7 circuits depuis un peu plus d'un an, je n'ai jamais eu l'occasion de le voir, c'est dire.

Donc, un encouragement à tous ceux qui seraient tentés, venez voir, essayer, c'est seulement sur ces pistes que vous pourrez sans appréhension, ni peur du gendarme, exploiter vos voitures, qui sont faites pour ça, apprendre et prendre de la confiance, découvrir le pilotage qui est un autre monde par rapport à la conduite de tous les jours, partager.

Il y a de la place pour tout le monde et le coût est assez modique compte-tenu de ce que l'on peut trouver dans le sport auto.

Dernier point incitant à s'y mettre sans tarder, les législateurs de tous poils étant à l'affût, il est possible que dans le futur ces cessions de roulage en toute liberté soient de plus en plus encadrées et règlementées au point que la plupart d'entre nous puissant en être exclus...

Alors venez nombreux, car, comme dit le proverbe chinois bien connu : plus on est de fous .... moins il y a de riz !!

Eric Crouzet

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